Travailler en Allemagne #1 : je dois m’assurer !

Depuis l’épopée de mon enregistrement en Allemagne, j’ai pris la décision de ne plus me prendre la tête avec les affaires administratives. Aucune prise de tête avant de trouver un boulot. Pour résumer, j’ai choisi de ne fonctionner qu’avec mon compte en banque français (pas de frais sur le retrait d’argent et le paiement par carte – merci beaucoup ma banque en ligne) et avec ma carte européenne valable un an pour l’assurance maladie. Vous l’avez compris : je déteste les démarches administratives ! Mais voilà, j’ai trouvé un job. Je ne pouvais plus fonctionner de cette manière… je devais penser à mon assurance… alors comment faire ?

Une assurance maladie (Krankenversicherung) obligatoire

Tout d’abord, pour vivre en Allemagne, il faut savoir qu’une assurance maladie est obligatoire que l’on travaille ou pas. Et là, je vous entends : « mais comme en France ! ». Oui mais il existe une grande différence. Alors qu’en France, il nous suffit de nous rendre auprès d’un seul organisme (la sécurité sociale) pour obtenir notre carte vitale, en Allemagne on doit choisir entre plusieurs caisses d’assurance pour avoir une couverture et recevoir notre carte d’assuré (Gesundheitskarte). L’assurance maladie allemande n’est pas donnée car il faut compter un minimum de 180-190 €/mois (caisse publique) pour s’assurer. Et cela, si on ne travaille pas. Pour les personnes qui travaillent, les cotisations (de l’ordre de 15% -> 8% à la charge de l’employeur et 7% à la charge du salarié) se font directement sur le salaire, comme en France. Petite parenthèse : il n’existe pas de CMU en Allemagne.

Le système de santé allemand propose deux solutions : s’assurer auprès d’une caisse publique ou  s’assurer auprès d’une caisse privée.

sick-card-491715_1920

S’assurer auprès d’une caisse publique : laquelle choisir ?

Les caisses publiques sont tout naturellement déterminées par la loi Fédérale. La plupart des allemands (90% environ) sont assurés par une caisse publique. Les couvertures proposées sont globalement les mêmes. Certaines couvrent peut-être plus de choses tels que les traitements homéopathiques ou de kinésithérapies par exemple. Pour les actes dentaires et d’ophtalmologies, il est conseillé, si l’on a besoin de beaucoup de soins, de souscrire à une couverture complémentaire.

Ici, le problème (si c’est réellement un problème) sera de choisir parmi les multiples (il y en a beaucoup, beaucoup) caisses publiques que compte l’Allemagne. Les plus connues sont AOK et TK qui ont des bureaux un peu partout (trouver la liste de l’ensemble des caisses d’assurances – Krankenkasse – et sur le plafond des cotisations ici pour ceux qui lisent l’allemand et ici pour les autres).

Bon à savoir : aucun questionnaire médical est demandé lors de la souscription. Si l’on a une famille, la caisse publique couvrent automatiquement le conjoint, s’il ne travaille pas, et les enfants. Un « bon à savoir » qui ne fonctionne pas dans le cas d’une assurance auprès d’une caisse privée.

S’assurer auprès d’une caisse privée : retour impossible dans le public

Les caisses privées sont uniquement accessibles aux personnes gagnant un certain niveau de salaire (minimum de 50 000€/an) et aux indépendants. Les cotisations sont assez élevées et dépendent de l’âge, du sexe et de l’état de santé de l’assuré (et oui). Et, à l’inverse des caisses publiques qui assurent aussi la famille, le conjoint qui ne travaille pas doit souscrire à un autre contrat auprès d’une caisse privée et des primes complémentaires seront à payer pour les enfants.

Aux personnes à hauts revenus de choisir s’ils souhaitent s’assurer dans le privé ou dans le publique. Un choix qui devra être bien pensé car dans le cas d’une perte d’activité, il lui sera impossible d’être assuré auprès d’une caisse publique. En effet, le choix d’adhérer à une caisse privée est irrévocable lorsque l’on vit en Allemagne.

Et moi alors ?

Comme je l’ai expliqué au tout début de l’article, avant de partir de France, j’ai fait la demande d’une carte européenne auprès de l’assurance maladie française. Celle-ci est valable un an à compter de son attribution. Vous serez nombreux à m’indiquer que cette option n’était pas vraiment la bonne puisque la carte européenne est destinée aux vacanciers « longues durées ».

Pour simplifier les choses, j’aurais dû demander un formulaire S1 auprès de l’assurance maladie française avant mon départ. Mais je ne l’ai pas fait. Ce formulaire atteste que vous avez droit aux prestations de santé en Europe. Avec le S1, il me suffisait de me rendre auprès de la caisse publique de mon choix afin de bénéficier tout de suite d’une assurance allemande et je n’aurai rien payé pendant un an. Cette option est avantageuse car cela permet de garder un historique, donc éviter toutes démarches administratives supplémentaires au retour en France, de notre situation d’assuré. Même si un nouveau numéro d’assuré est attribué, les deux administrations (France et Allemagne) restent en communication. A méditer donc.

Pour ma part, comme je n’ai pas suivi le protocole ci-dessous, j’ai fait au plus simple. Je me suis rendue auprès de la caisse d’assurance la plus proche de chez moi, AOK, pour m’ouvrir des droits et avoir un numéro d’assuré. Les choses prennent plus de temps pour se mettre en place dans ce cas mais, au final, je suis assurée quand même. Le seul hic sera qu’à mon retour en France, des formalités administratives supplémentaires m’incomberont… tout ce que j’aime… mais nous n’y sommes pas encore. Mon assurance maladie coûte un peu plus de 350€/mois. Il me sera possible de changer de caisse après une année assurée ou si AOK augmente le prix de ma cotisation (ce dernier peut se faire à tout moment). En parlant d’augmentation des cotisations : si la situation financière de ma caisse publique se porte mal, celle-ci pourra me demander une cotisation plus importante en m’informant au préalable. Si ce cas se présente, je serais libre également de changer d’assureur.

Un peu compliqué tout cela, vous ne trouvez pas ? Petit clin d’œil personnel : français ne râlez plus contre notre système de santé car c’est l’un des plus avantageux d’Europe (du monde aussi ?) ! Et sinon, avez-vous déjà eu affaire aux assurances maladies d’autres pays ?

Vous aimerez aussi

31 commentaires

  1. C’est fou qu’on ne puisse pas retourne dans le publique… Je crois bien qu’en Ecosse je n’avais rien fait de particulier… J’avais une mutuelle avec le boulot mais c’est tout…
    Ici c’est $150 par mois pour nous 2 pour la secu, puis mutuelle pour frais dentaires etc.

  2. Super intéressant, merci beaucoup ! Je me demande du coup, quand je regarde les offres d’emplois pour des petits jobs, genre 15h00 par semaine, en condition, ils font apparaître « Nécessite une assurance sociale ». Si je comprends bien, ça veut dire qu’en plus d’être très peu payé, il faut en plus payer de sa poche une assurance ?

    1. Non, normalement ils te l’indiquent ainsi car avant de postuler tu dois être assurée. J’ai eu le même cas pour bosser à temps partiel en boulangerie. L’employeur ne va pas te chercher une assurance, à toi de choisir celle que tu veux et d’indiquer à l’assureur le nom de ton employeur. La cotisation sera directement prélevee sur ton salaire mais une part restera à ta charge !!!

  3. Merci pour ces infos si précieuses. Aurais tu peut être la réponse à cette question? Je ne suis plus affiliée à la sécurité sociale en étant expatrié en Asie. Je n’ai pas de carte européenne d’assurance maladie. Je suis en Allemagne depuis 8 mois sans sécu et toujours à la recherche de boulot. AOK a t elle demandé la fiche S1? Comment as tu réussi à avoir un numéro de sec allemande? Que peut on faire dans mon cas?

    Merci d’avance

    Darapuce

    1. Bonjour,
      Je suis actuellement dans une situation assez similaire.
      Comment avez-vous finalement fait pour obtenir une sécu en Allemagne, sans en avoir eu une pendant plusieurs mois? Avez-vous du payer en rétroactif?
      Merci pour votre aide.

      C.B

  4. Merci pour ces infos si précieuses. Aurais tu peut être la réponse à cette question? Je ne suis plus affiliée à la sécurité sociale en étant expatrié en Asie. Je n’ai pas de carte européenne d’assurance maladie. Je suis en Allemagne depuis 8 mois sans sécu et toujours à la recherche de boulot. AOK a t elle demandé la fiche S1? Comment as tu réussi à avoir un numéro de sec allemande? Que peut on faire dans mon cas?

    Merci d’avance

    Darapuce

    1. Bonjour Darapuce,

      Bienvenue en Allemagne et merci d’être passé sur mon blog.

      Alors, je ne suis pas une pro pro et peut être que ce ne sera pas là bonne solution mais on trouvera.

      Avais tu une assurance maladie en Asie ? Si oui l’as tu résiliée ? AOK ne m’a pas demandé le formulaire S1 mais m’a demandé où est ce que j’étais assuré avant. Pour ma part j’ai indiqué la secu française, ils ne m’ont pas demandé de justif bizarement. Par cette procédure, l’assurance veut être certaine que tu n’es pas restée sans assurance depuis ton arrivée en Allemagne jusqu’à ton inscription. C’est pour cela que je te demande si tu as encore ton assurance d’Asie car tu peux leur indiquer que tu es restée affiliée à ton ancienne caisse jusqu’à t’inscrire chez eux. Si tu ne l’as pas gardé, aok peut te demander de régler les 8 premiers mois de non assurance..
      Je te conseille aussi d’aller lire le forum sur l’assurance maladie du site Expat.com. N’hésite pas à m’envoyer un message par e-mail pour en parler. Bises. Holy

  5. Article très intéressant … Je me souviens de mes débuts avec l´assurance maladie …
    J’avais uniquement un mini job, et l’assurance n’était pas prise en charge par mon employeur …
    Et il était hors de question de payer 150e de ma poche par mois … (Devis fais par la TK)
    Du coup, je suis allée voir le job center, ai rempli quelques papiers et ils me la payait par la suite chaque mois …
    Jusqu’à ce que je trouve un temps plein …
    Quelle histoire !

  6. Article très intéressant … Je me souviens de mes débuts avec l´assurance maladie …
    J’avais uniquement un mini job, et l’assurance n’était pas prise en charge par mon employeur …
    Et il était hors de question de payer 150e de ma poche par mois … (Devis fais par la TK)
    Du coup, je suis allée voir le job center, ai rempli quelques papiers et ils me la payait par la suite chaque mois …
    Jusqu’à ce que je trouve un temps plein …
    Quelle histoire !

Laisser un commentaire